Vigne OGM à Colmar

Lettre de Paul Barre – Viticulteur:

L’arrachage des vignes OGM de Colmar est une action de prophylaxie pour protéger la viticulture. Je ne peux que féliciter ceux qui en ont eu le courage. Il ne faut pas inverser les responsabilités :

c’est de s’amuser à manipuler les gènes qui représente un danger pour la viticulture et l’environnement et arracher ces pieds de vigne un acte de bon sens.

De quoi s’agit’ il ? La vigne est confrontée a différentes maladies dans le cas qui nous intéresse le court-noué Le court-noué est une maladie virale qui peut conduire à l’arrachage prématuré de la parcelle. Les nématodes vecteurs vivent parfois à de grandes profondeurs. Pour se nourrir, le nématode pique les racines et transmet le virus s’il est infecté. Il vit dans le sol, jusqu’à plus de 1,50 m de profondeur et peut survivre après arrachage de la vigne pendant 4 à 5 ans sur les morceaux de racines non extirpés. Le nématode ne se déplace pas à plus de 1,50 m de distance par an (évolution lente). A ma connaissance le court noué ne représente pas un danger majeur. Le respect d’un repos du sol de 7 à 10 ans est une assurance de retrouver un sol propre. Le respect du vignoble par une pratique d’une agriculture de bon père de famille et pourquoi pas bio- dynamique est un moyen simple pour cheminer vers un avenir serein. Il est évident que notre agriculture moderne super spécialisée nous met dans des configurations économiques difficiles et se trouve incapable d’intégrer le rythme de la nature.

Que propose l’INRA : (je ne connais pas les budgets de financements de ce programme mais l’INRA est financé en bonne partie par le privé, ceux qui pose à mes yeux un grave problème, car la recherche fondamentale doit être lié à la liberté et non pas à des intérêts financiers)

De rendre la vigne par manipulation génétique non sensible au virus du court-noué.

Et alors: nous risquons de rencontrer de futurs vrais problèmes avec des virus recombinants.

Voici l’explication donné par Christian Vélot : (Docteur en Biologie et maître de conférences en génétique moléculaire à l’Université Paris-Sud 11. Il est responsable d’une équipe de recherche sur le Centre Scientifique d’Orsay. Membre du Conseil Scientifique du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique, et administrateur aux côtés de Jacques Testart de Fondation Sciences Citoyennes (FSC), il est aussi co-fondateur et Vice-Président d’un réseau de chercheurs européens engagés pour une responsabilité sociale et environnementale (réseau ENSSER).

Le véritable danger contre cette vigne (comme toutes les plantes transgéniques résistantes à des virus), c’est qu’elle est un véritable réservoir à virus recombinants. Il s’agit de plantes transgéniques dans lesquelles le transgène est un gène viral. La présence de ce transgène les protège contre le virus en question ainsi que contre les virus apparentés (sans qu’on en connaisse vraiment les mécanismes intimes). Or, les virus ont une très grande capacité à échanger spontanément leur ADN (phénomène de recombinaison) : les séquence d’ADN viral sont très recombinogènes. Par conséquent, quand cette plante est victime d’une infection virale, il peut se produire très facilement des échanges entre l’ADN du virus infectant et l’ADN du transgène, ce qui conduit à l’apparition de virus dits recombinants dont on ne maîtrise rien et qui vont pouvoir se propager dans la nature. Il est là le vrai danger avec ces plantes! Avec des plantes conventionnelles, une telle situation ne peut se produire que si la plante est infectée simultanément par deux virus. Avec ces plantes transgéniques, au contraire, un seul virus suffit et on augmente donc considérablement la probabilité de ces évènements. Tout ceci est expliqué en détail dans mon livre (OGM : tout s’explique) aux pages 140 à 142.

Veuillez trouver ci-dessous le communiqué et la pétition.

(http://www.lapetition.be/en-ligne/soutien-de-laction-des-faucheurs-volontaires–7980.html),

Le livre de Christian Vélot (OGM : tout s’explique) est un ouvrage indispensable à lire. Il permet de sortir de la croyance et d’acquérir des bases claires pour se faire un avis sur le sujet.

Cordialement

Paul Barre – Viticulteur La Grave 33126 Fronsac tel 05 57 51 31 11 / 06 81 56 30 87 paul@paulbarre.com

www.paulbarre.com

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